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 Traversée sud/nord des hautes Alpes en ski nordique.
18 au 22 janvier 2010

 

D’où vient l’idée ?

 Après être allé chercher de la neige, des paysages somptueux et de l’aventure aux quatre coins du monde, voila que l’hiver nous offre la même chose à notre porte ; le département des Hautes Alpes est enneigé du sud au nord. Cela lui donne des airs de Laponie, et l’occasion est trop belle pour ne pas profiter de pareilles conditions « chez nous ».
  Une petite équipe de hauts alpins s’attaquera dès lundi à la traversée du département en ski en de fond, en 5 jours, de Sisteron à La Grave.
  Technique et matériel seront classiques ; alternatif avec skis à écailles et skis à farter, peaux collantes pour les montées importantes.
  La logistique et le ravitaillement seront assurés par une « voiture suiveuse »
  Toutes celles et ceux qui le souhaitent pourront se joindre à nous, sur tout ou partie de la randonnée (ce n'est pas payant)
  Pour savoir d’où et à quelle heure nous partons, appelez moi le soir 06 08 21 39 49

Le plan:
Départ lundi 18 janvier pour suivre le canal EDF jusqu'à Tallard.
Rendez vous au péage de Sisteron à 7 heures, départ 7h15.
Mardi : de Tallard à Embrun par la vallée de l’Avance, Chorges, Puy Sanières, Embrun.
Mercredi : Embrun, Châteauroux, St Clément, Chanteloube, l’Argentière La Bessée.
Jeudi : l’Argentière La Bessée, Villard Meyer, Prelles, St Blaise, Les Queyrelles, Chantemerle, Monètier, Le Casset, Le Lauzet.
Vendredi : Le Lauzet, col du Lautaret, Villard d’Arène, La Grave.

Les participants à cette aventure sont tous des passionnés de ski nordique (liste non exhaustive);
André ROULX (dit Ritou). Moniteur de ski, ancien entraîneur de ski nordique,
Marcel MOLINATTI. Moniteur de ski, guide de haute montagne,
Martine MARETTO. Coiffeuse à Vallouise,
Didier BRUNAROSSO; Enseignant et voyageur
Guillaume CHRISTIAN Moniteur de ski, guide de haute montagne,
Dominique STUMPERT. Moniteur de ski nordique, guide de haute montagne,




Premier jour.
De Sisteron à Tallard
4h ; réveil attendu, je suis debout avant qu’il ne sonne, c’est le grand jour !

4h15 ; appel de notre chauffeur, Dino, qui souffre d’une terrible rage de dents, et qui ne pourra pas nous accompagner. Cela commence bien ! Nous improviserons sur place (copains ou auto stop).

5h ; ramassage « scolaire » des compagnons. Deux voitures sont nécessaires (Jacqueline et moi), pour les skieurs et leur matériel. Bonne ambiance et première blagues. La nuit nous empêche de voir l’état d’enneigement des bords du lac de Serre Ponçon. C’est l’endroit le plus délicat, niveau d’eau assez élevé, schistes noirs, ensoleillement maximum…

7h ; rendez vous au péage de Sisteron où nous rencontrons Monsieur Jean BEVERAGGI du Comité Départemental du Tourisme, accompagné d’un journaliste du Dauphiné Libéré et de Christophe ROSANVALLON. En quelques minutes, nous finalisons les sacs. Apparemment, aucun autre skieur ne se joindra à nous aujourd’hui.

Nous quittons le péage à 7h15 pour la limite du département à 3,5 kilomètre de là, sur la RN 85.

7h30 ; température moins 12°. Tous nos vêtements sont sur nous, et nous sommes impatients d’entrer en action. Photo au jour naissant sous le panneau des Hautes Alpes, en présence de notre petit comité d’accueil. Christophe, venu tourner quelques image du début de ce périple s’est pris au jeu. Il restera toute la matinée, nous filmant de place en place au fil de notre progression, petite tache orange que nous avons appris à repérer dans ce paysage de neige.
   La neige elle, est abondante et de très bonne qualité. Elle porte et nous permet, en glissant rapidement entre bois et vergers, de gagner les rives du canal de la Durance un peu en aval du village du Poët. Notre objectif est de suivre le canal jusqu'à La Saulce, puis de gagner Tallard par le domaine de Trébaudon.
   Ce matin, dans la voiture, Didier me faisait part de sa crainte « de ne pas avoir de vue » à cause de notre cheminement en fond de vallée. La surprise est de taille, car le canal offre un espace dégagé surplombant la vallée de quelques dizaines de mètres. Les paysages sont grandioses ; lever de soleil sur les montagnes de Mare et de Chabre au sud, vastes crêtes de l’Aup à l’ouest enserrant les villages perchés prisonniers des neiges, maisons Provençales aux chaudes couleurs rehaussées par ce blanc océan, quiétude des eaux calmes du canal, et partout, au delà des vergers, des dizaines de sommets aux apparences « himalayennes ».

   Figés dans le froid et éclaboussés de soleil, Upaix et Ventavon « glissent » dans le décor à notre gauche. Nous progressons à bonne allure face à un petit vent du nord mordant, qui, ajouté au bruit de nos skis sur la neige dure et à nos joyeux éclats de voix, nous empêche d’entendre l’autoroute pourtant proche.

  En passant près d’un pommier chargé de pommes pourries restées accrochées à l’arbre, Marcel nous fait partager ses souvenirs d’enfance. Ils nous propose de manger ces pommes pourries ! Non M’sieur, ce ne sont pas des pommes « pourries », mais des pommes « gelées ». Il ne faut pas manger la pulpe sous peine d’ennuis de transit (apparemment, il en a l’expérience…), seulement en retirer le jus sucré, glacé et légèrement fermenté. Nous suivons son exemple et goûtons. C’est un vrai cidre frappé. Délicieux.

  Déjeuner type « gens du voyage » sur un talus bordant l’autoroute, à l’abri d’un petit bunker en béton qui nous coupe le vent. Quelques véhicules klaxonnent joyeusement en nous apercevant, enfin ceux dont les chauffeurs ont lu le journal…
  Réconfortés par cette halte et le casse croûte, nous reprenons sereinement le chemin du Nord.

  Las, nous n’avions pas remarqué sur nos cartes que le canal, à hauteur de Plan de Vitrolles, passe en siphon sous une petite rivière, Le Déoule. Bien que peu profonde, mais vu le froid, aucun d’entre nous n’accepte de se mouiller les pieds. Un peu de réflexion, quelques astuces et un bon plan d’action viendront à bout de cet obstacle peu commun. Le pont de la D220 enjambe l’autoroute, qui elle-même passe sur Le Déoule. D’abord, les consignes ; désescalade du pont, regroupement derrière la haie de cyprès, récupération du souffle et des esprits, puis sprint de 30 mètres sur la bande d'arrêt d'urgence, histoire de ne pas y traîner trop longtemps des fois que et...nous sommes pris sur le fait par une équipe de patrouilleurs... aie aie, je n'aime pas qu'on me tire les oreilles. Promis, c’était exceptionnel, il ne faut pas le faire et on ne le fera plus !

  Une clôture plus loin, nous voila repartis de plus belle, jusqu'à ce que, cette fois,  l’autoroute enjambe le canal. Là, pas la moindre chance de ruser, même un souriceau ne pourrait passer. Pourtant, les poutrelles métallique du pont laissent accessible un « trottoir pour équilibriste » très étroit, juste au dessus de l’eau, sans rambarde. Si tu glisses, tu te baignes ! Analyse des enjeux et gestion du risque, réconfort des indécis et nous voici de l’autre coté.
  Les vergers se succèdent. Pommiers à l’écorce rose, poiriers à l’écorce rugueuse. Une habitante nous conseille « son » meilleur chemin, en rive gauche de la Durance. Nous avions prévu de passer en rive droite mais c’est très « encombré » (autoroute, péage, nationale, lac de retenue du canal…), et nous nous rangeons à son avis.

  Près de la Bonne Mére, des arboriculteurs en train de tailler leurs arbres nous saluent du haut de leurs plate forme roulantes alors que nous glissons vers Curbans. Le temps d’admirer église et chapelle, d’empêtrer nos skis sur les rives boisées de cette Durance sauvage, que déjà le soleil décline. Fièrement perché, le château de Tallard accroche les derniers rayons du soleil. Fourbus, nous nous hâtons vers le village où nous nous hydratons abondamment. Le repos nous attend.

  Bonne journée dans les jambes, il est 18 heures, l’étape s’est globalement déroulée comme prévu.  42 km ont été parcourus, et, malgré mes espoirs, pas un de plus qui nous avancerait pour demain…
Nous passons la nuit à l’aérodrome de Tallard, dans un appartement loué pour une seule nuit.

 

 Deuxième jour.

  7h15, température moins 11°. Nous chaussons à l’endroit exact où nous avons déchaussé hier.
Courageux, un journaliste nous pose quelques questions et fait ses photos.

  Ombre menaçante dans les prémices de l’aube, le château se découpe sur le ciel étoilé. Une fois encore, tous nos vêtements sont sur nous, chaudes vestes en duvet et Gore Tex pour couper le petit norois qui nous glace. La proximité de la Durance rend l’endroit humide, ce qui accentue la sensation de froid.

  Coincés entre falaise et rivière, nous sommes contraints de suivre la seule route de l’endroit, jusqu'à Lettret. Dès que possible nous quittons cette route pour traverser de nouveaux vergers, qui trop rapidement laissent la place à une forêt « folle », sans chemin et sans entretien. Le paradis des sangliers skieurs. Après 2 heures d’échauffourées avec les baliveaux du lieu (et autres herbes des marécages qui ont la fâcheuse manie de retenir la neige « en hauteur », et tout s’effondre quand on passe dessus), nous débouchons sur de larges prairies qui nous conduisent à Valserres. Nous sommes dans la vallée de l’Avance, qui à pris ce matin un petit air de Sibérie, moins quinze degrés ! Personne n’émet le souhait de s’arrêter, ne serais-ce qu’un instant, et nous filons encore un heure dans l’ombre froide en lorgnant sur le soleil qui nous nargue en inondant le versant que nous suivons.

  Nous pensions trouver des clôtures partout, il n’en est rien. Le « kit clôture » composé d’une paire de tenailles, d’un marteau et de clous « cavaliers » restera dans le sac. Il nous aurait servi à « abaisser » le fil de fer barbelé supérieur pour l’enjamber sans trop de risques, puis à tout remettre en état après être passé. Nous cheminons avec très peu de contraintes dans cette très belle vallée et, quelques heures plus tard, Chorges est en vue. Aimable, la factrice locale nous donne des renseignements utiles du coté des Vernes et nous prenons pieds dans la cité Cathurige… par des chemins qui longent la ligne de chemin de fer.

  Deux amies qui nous font une navette de voiture nous préviennent que le bord du lac de Serre Ponçon, contrairement à la semaine précédente, n’est plus skiable. Qu’à cela ne tienne, en deux temps et trois mouvements, Didier, originaire de Chorges, nous trouve quatre vélos et un tandem, ainsi que les moyens de les faire récupérer ce soir. Nous enfourchons nos engins et, avant même d’être sorti de la cour, j’ai une crevaison. Vite réparée par l’expert Didier, qui est quand même allé jusqu’en Chine en vélo…sans avoir crevé une seule fois ! La suite de l’itinéraire est plaisant, et les automobilistes un peu surpris de croiser nos équipages car nous transportons les skis sur nos sac à dos…

  Nos moyens de transports occasionnels seront abandonnés à la plage de Boscodon, où nous rechaussons nos skis, et traversons la gravière ou règne une activité incroyable, avec une noria de camions gros comme ceux de la mine de Cerro de Pasco.  Nous rejoignons Embrun par la digue du lac.

Arrivée à 17h30, après 32 km parcourus en ski plus 14 km en vélo. La nuit tombe et nous n’avons pas le courage de parcourir quelques km de plus pour nous avancer un peu…
  Bob nous attendais à Châteauroux avec quelques douceurs locales et un repas de fête. Alors nous avons fait la fête, comme il se doit.

 

 Troisième jour.

J3 : Bizarre, ce matin il plane quelques brumes dans nos esprits. Aujourd’hui encore il fait très froid,moins 12°

  A 7h15, tous les skis sont chaussés, bien que l’on y voit goutte. Nos frontales nous éclairent chichement. Heureusement, aucune clôture ne barre notre route, ce qui est préférable vu la vitesse à laquelle nous descendons dans la plaine, pour longer les falaises d’Embrun. La neige porte moins, et très rapidement nous ne trouvons plus que de la poudreuse. Au détour d’une route, une dame pressée de se rendre à son travail refuse de nous prendre en photo faute de temps. Un Savoyard sollicité pour la même tâche se prend au jeu nous mitraille gentiment, jusqu’à ce que le froid mette fin à la séance. Pourtant, habitant Annecy, il devrait y être habitué.

  Direction Châteauroux les Alpes par l’Estang. Sur notre chemin, nous rencontrons ce que nous appellerons très vite « la voie royale ». Cette rencontre était prévue, mais nous ne nous attendions pas à cela. Large, dégagée, bien enneigée, un profil nordique avec de très belles vues sur la Durance, et de temps en temps des trucs qui passent en faisant « tchou tchou »… Nous la suivrons parce que, à cet endroit où la  vallée se resserre, c’est l’itinéraire le plus logique (chapeau messieurs les ingénieurs)

  A St Clément, nous proposons nos bras pour pousser le véhicule de deux travailleurs coincé dans une congère. En échange, ils nous menacent d’une amende de 165 euros par personne pour être sur une propriété privée. Fi m’sieur, on est pas dessus, on est au dessus.
  Ils ont continué à pelleter, et nous à skier.

  Cette tout naturellement en longeant cette « voie royale » bordée de chemins agricoles que nous arrivons à la fontaine pétrifiante, assez facilement, quoique les mollets et autres adducteurs n’apprécient guère le traitement de ces derniers jours.
  Un bon casse croûte dans l’estomac, quelques traces de skieurs et de raquettes rencontrées au hasard, et nous doublons St Crépin. Un amateur s’est tracé « au pied » une boucle d’entraînement au ski de fond sur l’aérodrome. Merci inconnu, c’était bien pratique pour nous.

  Un gros morceau reste le passage de la carrière de Chanteloube. Nous déchaussons sur environ 200 mètres, et une courte et raide descente dans les pins nous ramène au bord de la Durance. Le sport recommence en face de Pra Reboul, dans une forêt abominable de sangliers skieurs. Enchevêtrement inextricable de bois et broussailles comme on en trouve chez nous au bord des rivières, ou à Bornéo.

  Enfin, nous entrevoyons dans cette jungle un canal d’irrigation abandonné suivi d’un vague chemin et nous les suivons jusqu'à Rama, puis l’Argentière en traversée par la voie verte, le Pont Gamoney, le « Mur des Vaudois » et enfin la route des traverses. Il est 18 heures, 38 km ont été parcourus, il fait complètement nuit. Pas davantage de courage pour « gratter » un ou deux km pour demain…
  Ce soir, c’est repos dans nos foyers. L’appel du canapé se fera cruellement entendre, et demain, j’espère que tous mes compagnons seront au départ pour poursuivre cette aventure.

 

 Quatrième jour.

J4 : 7h30, moins 12°, tous sont là sauf Didier, qui s’est endormi “sur sa chaise” au théâtre hier soir mais il ne faut pas le dire. Le temps de chausser les skis et il est là.
  Jacqueline est là aussi pour acheminer notre matériel au gîte, et Dino (qui n’a plus mal aux dents) pour nous suivre d’heure en heure.

  Traversée de La Vignette puis des ruelles enneigées de Villard Meyer, route des Traverses, Prelles, Pré du Faure. Un joli petit sentier en balcon nous conduit à Pierre Feu, puis à travers champs jusqu’à St Blaise.

  Nous craignions les clôtures dans le sud du département, et bien, elles sont dans le nord, entre Prelles et St Blaise. Conclusion : clôture rime plus avec tourisme qu’avec agriculture. Et si en agriculture une clôture est destinée aux animaux, ici elles sont destinées aux humains. Je regrette un peu l’absence de mon kit…

  Petite monté au dessus de St Blaise pour gagner le bout du canal des Queyrelles, qui conduit à St Chaffrey. Au passage, salut et boules de neige des élèves en récré de l’école du Pinet, pique nique au soleil à la chapelle des Queyrelles et café chez Valérie et Bernadette.
  Le repas dure un peu longtemps, puis nous skions versant nord, dans une neige profonde où il faut tracer en nous relayant. Les arbres sont restés chargés de neige, le décor change, nous sommes en haute montagne. Toujours versant nord, une route nous conduit à Chantemerle, puis à Villeneuve.

  Nous troquons avidement nos skis de randonnée nordique pour des skatings légers et rapides. Devant nous, de superbes pistes bien damées nous conduisent aux Guibertes, puis à Monètier où la fatigue se fait sentir. A l’arrivée au Casset, nous avons mal partout et retrouvons nos skis à écaille avec soulagement. Encore une heure d’efforts pour doubler les Boussardes et arriver au Lauzet.

  Il est 17h30, nous venons de faire 31 kilomètres et cela suffit pour aujourd’hui.

 

 Cinquième jour.

J5 ; Deux solutions, soit nous sentons l’arrivée proche, soit nous avons pris le rythme de notre errance. Il est 8 heures quand nous « décollons » enfin, par moins 14°. Deux courageuses skieuses, Julie et Magali se joignent à nous pour cette dernière étape.

  Plus de traces devant nous, plus de villages avant le col du Lautaret, plus d’arbres non plus. Les chapelles de Font Cibert et de la Madeleine semblent oubliées dans ce décor magique.

  Petits points noirs presque immobiles, quelques chamois se suivent prudemment entre les couloirs d’avalanches en quête d’un repas.
  Bien que nous soyons équipés de matériel de sécurité (ARVA pelle et sonde chacun), nous aussi allons éviter les pentes un peu trop raides à notre goût au pied du col. Nous avons emporté des peaux collantes dans nos sacs, mais nous ne nous en servons pas. Nous gagnons la RN 94 au lieu dit « Les Sestrières » et la longerons jusqu’au col.

 Majestueuse, La Meije et ses glaciers se dressent au dessus de nous.

  Sur l’autre versant du col du Lautaret, la neige est froide et poudreuse sur fond dur. Parmi nous, les plus aguerris se laissent aller à tailler des courbes en Télémark, d’autres plus prudents font de larges traversées jusqu’au Pied du Col. De jolies pistes de ski de fond nous conduisent à Villard d’Arène où un joyeux comité d’accueil nous reçoit par quelques acclamations, et aussi quelques agapes bienvenues (vin chaud, saucisson et fromage locaux). On nous donne force conseils sur la suite de l’itinéraire ; il vaudrait mieux passer par le bois de La Chal d’Outre, puis descendre sur La Grave par la rive gauche de la Romanche. Si cela nous fait remonter de 150 mètres, c’est beaucoup plus sûr que de s’engager dans les gorges.

 Après la traversée du village de Villard d’Arène, nous voici en pleine montée, l’haleine lourde de vin chaud, ensuqués par la chaleur du bar. Ca patine dur parce que ça monte fort, une vraie rigolade et personne ne veut mettre les peaux.
  Encore une neige de rêve à la descente, et nous voici sous La Grave et bientôt Les Fréaux. Les cascades de glace se laissent admirer sous des angles inhabituels. Une piste forestière nous amène un peu plus loin que les Pierres Jean Jeanne, puis elle s’arrête brusquement.
  La suite est un nouveau combat forestier mêlé d’aventure sur banquise incertaine jusqu’aux ruines Des Balmes où un petit pont nous permet de passer en rive droite. Quelques mètres en aval de la route nationale, un vague chemin nous conduit…au panneau limitrophe de notre département.

  Il est 16 heures, nous venons de parcourir 24 kilomètres.

  Moments d’émotions.

  Des amis nous attendent, du champagne, c’est déjà fini ?*

 

Remerciements :
Sport 2000 Vallouise (prêt de 5 p. de skis et chaussures)
Technicien du sport Vallouise (prêt de 1 p. de skis)
Bréchu sport (prêt de 1p. de skating)
Schöffel (don de 6 vestes gore tex) 

Nos amis chauffeurs : Jacqueline Molinatti, Gilles Pierrard, Alexandra, Nicole Bonniot, Lolo, Nicolas Mauduech, Bob Peyron, Dino Bertoli.
Trois étoiles à notre hébergeur/restaurateur/sommelier à Châteauroux les Alpes : Bob Peyron 

Comité Départemental du Tourisme : Mr Jean Beveraggi
Le Dauphiné Libéré pour ses articles
Christophe Rosanvallon pour ses images
Guillaume pour tes photos et tes images
Didier, pour tes vélos, ton pain et tes rires
Marcel pour ton miel et tes pommes…gelées
Ritou, pour ta belle voix quand tu chantes, et avoir su être notre obligé
Martine, pour tes croquants, ton courage et tes coupes franches
Jacqueline, pour être du départ et de l’arrivée
Michèle, pour ta soupe et tes morilles
Le Comité d’accueil de Villard d’Arène
Julie et Magali, pour votre enthousiasme
Jacqueline et Jacques Gaubert pour le champagne à l’arrivée 

A nos épouses, compagnes, compagnons ou maris pour leur tolérance à nos rêves un peu fous, 

Enfin, à tous mes compagnons skieurs dans cette épopée, pour leur passion, leurs avis, leur courage, leur bonne humeur, leur présence. 

 

Ce que je retiens de ce voyage

  Car c’en était bien un ; géologique, historique et humain.

  Nous avons éprouvés, version moderne, les mêmes impressions que celles qu’ont pu avoir les voyageurs qui ont remonté la vallée de la Durance à pied, à cheval ou…à dos d’éléphants.

  Au rythme de nos pas glissés, affranchis de la contrainte des routes et des sentiers traditionnels, nous avons vécu une approche très humaine du domaine de la haute montagne, sans hâte, le regard portant loin sur une barrière de cimes étincelantes.

  Une transition douce entre deux milieux qui se touchent et se mêlent jusqu’à ce que chacun affirme son caractère, de la Provence aux Alpes, entre vergers et alpages, entre villages et stations. Sur près de 190 km, et 1500 mètres de dénivelée, entre 500 et 2000 mètres d’altitude, nous avons pris le temps de mesurer les traces de l’occupation humaine, intégrées ou non au paysage.

 Travaux titanesques ou discrets pour disposer de l’eau (irrigation et énergie), parfois d’accès défendu, entretenus ou rendus à la nature.
  Vignobles florissants de La Saulce, Trébaudon, Valserres, survivants à Châteauroux et St Clément, ou renaissants aux Vigneaux et à Villard Meyer où Didier vient de replanter quelques pieds d’un robuste cépage…
  Petites ou grandes, les routes sont partout. Certaines forcent au meilleur endroit et de manière stratégique les étroitures de la vallées. Si, au volant de notre voiture, nous n’en avons plus conscience, l’emplacement des châteaux et fortifications peuvent nous les rappeler.
  Bien qu’ayant pris le train à de nombreuse reprises, nous avons redécouvert une partie de la ligne Gap-Briançon, plus exactement entre Châteauroux les Alpes et Eygliers. A l’instar de la vallée de Chamonix (où le train est gratuit pour les vacanciers qui y séjournent), nous avons évoqué la possibilité d’exploiter à des fins touristiques ce beau tracé ; pour les navettes des sports d’eau vive, le VTT, la randonnée, les visites du patrimoine, etc… Et pourquoi pas avec une vieille locomotive à vapeur et des wagons panoramiques (nous en avons vu circuler sur des lignes aux paysages nettement moins variés). Il est facile de rêver.

  Et puis, nous avons rencontrés des habitants ; qu’ils prennent le soleil en début d’après midi ou qu’ils taillent les vergers dans l’air glacé du matin, qu’ils distribuent le courrier, dament ou assurent la sécurité sur les pistes de ski, entretiennent les voies, enseignent, élèvent leurs enfants, travaillent dans le tourisme ou l’information, en retraite, déneigent les routes, tiennent un bar, louent du matériel, Hauts Alpins d’origine ou d’adoption, mais tous Hauts Alpins de cœur. 

Se n’ai pas trop parlé de la météo, c’est parce que c’était comme d’habitude en cette saison, grand bleu, bien blanc, bien froid.

  

* C’est déjà fini ?

  J’aime beaucoup la définition suivante de l’aventure : « l’aventure, c’est quand on ne sait pas comment cela va se terminer ». Je ne sais pas à qui on la doit, mais je la trouve juste.

  Bien que l’on connaisse l’inéluctable fin de tout être vivant, on ne sait ni quand ni comment notre vie va se terminer. Pour moi, la vie elle-même est une aventure.
  Alors ma réponse pour le « C’est déjà fini ? »...  Et bien non. Ce moment est passé, oui, mais maintenant nous allons pouvoir vivre avec ce qu’il a laissé en nous…et l’aventure continue.

 

Dominique Stumpert, Guide de Haute Montagne
La Lauza, 05340 Pelvoux
Tél/Fax: 04 92 23 34 72  Mobile: 06 08 21 39 49